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 « Tu as déjà entendu les râles de l’agonie ? » — PV All.

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Joan G. Whisper
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◊ Power: Torture Mentale & Télépathie. - Voir Fiche.
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MessageSujet: « Tu as déjà entendu les râles de l’agonie ? » — PV All.   Lun 27 Aoû - 6:35

Sa main frôla doucement la tombe. Un sourire attristé emprisonnait ses lèvres roses. Elle se tenait là, telle une ombre, sans vie, silencieuse. Il n’y avait rien à dire. Tout se résumait à des pensées, des idées gravées dans sa tête. Quelques mots, quelques lettres écrites sur une tombe. Sépulcre violé, esprit tourmenté. Ici, à ce moment même, ne se trouvaient que deux êtres. Quelqu’un de mort, quelqu’un de vivant. L’un était cauchemar, l’autre, rêve éveillé d’une enfant torturée. Beaucoup d’événements pouvaient l’avoir blessée, griffée, marquée. Mais celui-là, par-dessus tout, l’avait détruite. Comme un marteau de sécurité, pour briser les vitres. Sauf que là, il n’était même pas question de sécuriser ou même de protéger, non. Tout se résumait à de la torture. Une immonde, et douce torture.

Elle exhala un long soupir et raffermit sa main sur le haut de la tombe. Sur le marbre se trouvaient gravées, en lettres capitales, le nom « Gilles de Rais ». Deux dates se trouvaient plus bas. Malheureusement, celles-ci restaient aussi compréhensibles qu’un bourdonnement d’abeille. Peut-être n’était-il pas mort ? Ou alors, si sa tombe se trouvait en Wonderland, peut-être avait-il eu la chance de se réincarner ? Qu’était-il devenu, alors ? Malheureusement pour elle, le seul moyen d’en avoir le cœur net serait de le revoir … Mais comment affronter le miroir du passé ? Comment se confondre dans ses peurs sans s’y asphyxier ? Mourir. Mourir un peu plus, mentalement. Dépérir silencieusement sous les yeux de celui qui … De celui qui …

Violemment, Joan éclata son pied contre la tombe. À sa grande tristesse, cette dernière ne changea pas d’un poil. Détruire une stèle en marbre ? Avec un coup … de femme ? Quelle bonne blague. Ses yeux s’embuèrent de larmes et elle finit par prendre place sur un tronc, à quelques mètres.

Assise là, presque seule, à sangloter. Quelle image décevante, oh, oui, décevante. Regarde-toi, là, si faible. Si Gilles arrivait maintenant, qu’il te trouvait ainsi à pleurer sur ton sort ? Que ferais-tu ? Aurais-tu le courage de te relever et de lui arracher les viscères ? Joan, où es-tu ? Où est passée cette puissante Jeanne qui n’avait peur de rien, ni de personne ? Cette femme, increvable, meurtrière de nombreux êtres, qui se serait jetée d’un pont pour sa patrie, et surtout son Dieu ? Où sont tes convictions, celles qui t’élevaient si haut, qui te permettaient de tout détruire sur ton passage, comme une tornade ? Tu n’es plus rien, plus que l’ombre de toi-même …


Ses yeux se relevèrent sur les alentours, teintés d’une couleur rouge sombre. Les vaisseaux sanguins de ses prunelles avaient comme … explosés. Une triste colère l’animait de toutes parts, comme si, désormais, sa vie se résumait à cela. Une vengeance qui prenait doucement forme en son esprit. Quelque chose de muet, de sourd, qu’elle ne pouvait montrer au monde sans craindre d’y laisser la peau. Voilà donc un cruel dilemme, un choix impossible. Martyr ou meurtrière ? Meurtrière ou martyr ? Quitte à choisir, autant s’abstenir, non ?

Un bruit de pas lui causa un frisson. Une odeur délicieuse vint emplir l’air. Elle se retourna, croisant le regard de ce jeune homme, si sombre, si mystérieux. All O’Ween. Que dire de lui ? Protecteur, Ami ? Mentor ? Tueur ? Quelqu’un pour qui elle nourrissait une admiration silencieuse. Pourtant, ce même être n’aurait jamais pu la soumettre. Certes, il avait tout de même du pouvoir sur cette gamine, étant son chef. Mais … Aux yeux de Joan, cela ne changeait rien. Elle n’était pas du genre docile, à se plier sous les ordres de quelqu’un, même d’une entité. Du moins … Plus maintenant.

Un sourire sadique vint égayer le visage de la blondinette. Ce type avait quand même le don d’être … lui. Quelqu’un de malveillant envers les autres, d’attirant dans sa froideur. Quelqu’un d’attachant, mais qui ne s’attachait jamais. Ou presque. Elle pencha la tête.

« — All … Si on m’avait dit que tu viendrais … Oh. J’oubliais. C’est moi qui t’ai demandé de venir. »

Joan et son esprit blagueur, quelle plaie. Mais c’était vrai. Au petit matin, après une longue nuit de recherches terrifiantes – pour elle-même, bien évidemment –, la Pucelle avait couru, le plus vite possible, dans le bureau de son chef. Là, avec sa tête de déterrée paranoïaque, elle lui annonça, simplement, qu’un problème se profilait. Problème personnel, certes, mais il lui faudrait l’exterminer au plus vite. Et là, preuve de faiblesse : Joan, maladroitement, exprimait ses peurs et ses incapacités. Bon, certes, il fallait tout de même lire entre les lignes pour en avoir la certitude et … elle pensait – savait ? – All trop « je-m’en-foutiste » pour s’y intéresser vraiment.

Elle se retourna donc et, sur le ton le plus sérieux du monde, commença à raconter ce qui la tracassait.

« — Tout d’abord, je sais à quel point tu peux te contrefoutre de mon existence passée et même de la future. Je sais que tu t’en balances que des tuiles me tombent sur la face avec violence et tout un tas d’autres choses. Mais cette histoire, sur le coup, peut valoir gros. Elle peut, seulement. Je ne suis pas sûre de moi. »

Une petite pause se fit et, doucement, elle s’éloigna de la tombe pour la pointer du doigt.

« — Gilles de Rais. Je n’sais pas si tu connais. En tous les cas, à mon époque, cet homme était relativement connu, tant pour ses exploits que pour ses crimes. Il était vil, sombre et j’en passe. Ce qui me gêne, véritablement, c’est que si sa tombe est là … Cela signifie qu’il se trouve à Wonderland, non ? Ou alors, n’est-ce qu’un reflet de mon imagination ? M’enfin. Là n’est pas l’important. Mon problème, c’est que ce type, présent ici, ne ferait que ruiner ce que nous sommes, nous autres Hell’Doubt. Bon, oui, il détruirait surtout mon esprit, mais finirait par nous ruiner tous ensemble. »

Puis, se rendant compte de ses paroles, elle finit par pencher la tête et soupirer.

« — Je sais, c’est égoïste … mais je n’arrive pas à me convaincre de faire autrement. J’ai besoin, oui, besoin, de voir sa tête sur un plateau, arrachée de son corps. J’ai besoin de le savoir mort. Ou même, savoir qu’il n’existe pas … Tu sais … J’ai peur, All. Depuis mon arrivée ici, depuis que tu m’as retrouvée dans cette folie sanguinaire, c’est la première fois que j’ai peur. »

Ses yeux s’enfuirent chercher le sol, le doux réconfort de cette nature sans vie, silencieuse. Les larmes perchées sur le coin de ses prunelles finirent par tomber et rouler, lentement, sur ses joues d’enfant. Oui, Joan avait peur. Oui, Joan réclamait l’aide de son Chef. Mais comment Joan aurait-elle pu faire, autrement ? Cela lui semblait impossible. À vrai dire, à cet instant précis, tout lui semblait impossible.

Tu es pitoyable, pauvre petite.
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MessageSujet: Re: « Tu as déjà entendu les râles de l’agonie ? » — PV All.   Sam 15 Sep - 23:09




« Elle était là. C'était un monstre. Repliée sur elle même, les mains sur la tête... et son regard meurtrier, son regard fou. C'est comme si ses yeux désiraient sortir de leurs orbites. Elle nous faisait peur. Cachée derrière sa poubelle, entre rire et pleurs. Nous avions peur, car elle nous faisait du mal... Puis cet autre monstre est arrivé. Il avait les cheveux aussi rouges que le sang. Il pleuvait. La jeune femme avait les cheveux blonds tout sales. C'était une sorcière. Et celui qui est venu la chercher, c'est le diable. Il n'a rien dit, il a juste tendu sa main. Et la sorcière l'a prit. Il l'a emmené en enfer. Je ne sais plus maintenant.. mais je ne reviendrais plus jamais jouer à Halloween City. Car ce diable y habite... et depuis maintenant un moment, on raconte que la sorcière et les autres traînent leurs chaines, trainent leurs flammes, et rependent la misère à Wonderland... Vive le Prince ! »

– Un enfant qui a assisté à bien des choses.


Le corps lourd. Les yeux vides. La respiration haletante. La cambrure cambrée. Le dos droit. Des pas significatifs. Insignifiants. Une musique macabre. Tic tac. Plus personne ne bouge. Moment suspendu. Horreur. Il rouspète, il répète. On ne sait plus, on n'a jamais su... peut-être que ce n'est qu'un mirage... Peut-être que tu n'es qu'un mirage All'? Prisonnier de leurs rêves, de leurs cauchemars. Quelle différence? Et au bout de la nuit, tu as cru discerner ces sauvages cris, les râles de l'agonie? Oui, chaque seconde qui passe, elles te martèlent la tête. Mais ce n'est qu'une illusion, une allusion puérile au fait que tu t'es endormi en pleine rue. Pas de répliquants, pas d'opposants... juste des yeux cachés dans le noir qui observent le fauve sans défense. Peut-être que tu étais fatigué. Peut-être que tu es mort. Tu ne sait plus. Tu n'as jamais su. Mais ce sont les tambours de la nostalgie qui te ronge à présent. Quel délicieux assouplissement. Maintenant réveille toi. Oui, réveille toi.

Il ouvre les yeux, d'un coup. D'un œil incertain, il vérifie les alentours. Seul contre son mur, il se souvint avoir été appelé par Joan. Ça l'arrangeait de fuir un peu son manoir ou la frénésie des ultimes préparatifs avait atteint un degré presque insupportable. C'était une douce nuit, les pierres anciennes contre lesquelles il était assoupi, étaient imprégnées de cette fraîcheur humide qui annonçait toujours un changement de temps. La bonne blague, comme si le jour montrait son nez à Halloween City. Les ténèbres pour l'éternité... et les vertu de l'infini corrompu par l'obscurité. Deux belles façon de le dire non ? All' leva ses yeux vers le ciel et sourit un peu. Un sourire mauvais. Un sourire confiant. Le sourire de Machiavel. La jouissance absolue, la jouissance absolue. Et il se mit en route...

Avant même d'arriver au cimetière, il sentait l'odeur de la mort. Une odeur putride et sèche. Comme si on avait enfoncer la mort elle même six pied sous terre. Comme si toutes ces personnes une fois décédée avait une tombe. Que c'était grotesque. Tout ceci n'était qu'une farce. La vie est une farce. Et ceux qui n'y croient pas sont les clowns de ce monde. Le monde était rempli de pantins. Et All' se croyait le seul à pouvoir discerner ses fils. Il avança, silencieux, macabre. Pourquoi rire dans un endroit comme celui-ci? Pourquoi pleurer et se recueillir sur des gens qu'il ne connait pas et dont il s'en fous? Pourquoi avoir peur des morts? C'était la question qu'il se posait alors en voyant Joan adossée contre une tombe, les larmes aux yeux et le teint blême. Sans dire un mot, il se plaça devant elle, prêt à écouter. « — All … Si on m’avait dit que tu viendrais … Oh. J’oubliais. C’est moi qui t’ai demandé de venir. » Il ne fit aucun commentaire et lui lança un regard glacial. Car il se souvient encore au matin d'une folle hystérique déboulant dans son bureau alors qu'il croulait sous le travail... Même si au fond, il n'avoura jamais que ça l'arrangeait.

    « — Tout d’abord, je sais à quel point tu peux te contrefoutre de mon existence passée et même de la future. Je sais que tu t’en balances que des tuiles me tombent sur la face avec violence et tout un tas d’autres choses. Mais cette histoire, sur le coup, peut valoir gros. Elle peut, seulement. Je ne suis pas sûre de moi. »


Ses lèvres s'étirèrent en un petit sourire. C'était toujours ce qu'on lui disait, toujours. On lui répétait inlassablement … cette bonne farce.

    Je ne m'en contrefous pas. Je la connais. Vois-tu Joan, presque toutes les personnes se trouvant dans la secte... Leur passé se trouve être la source de leurs cauchemars. Je peux ressentir toutes tes peurs... Il lui caressa la joue. Dans ton intimité... Il se rétracta. Donc ne dit pas que je m'en fous. Car je vis avec vos terreurs, imprégnées dans mon âme.


Des mots bêtes, humiliants, sans fondements. Mais des mots justes. All aimait regarder Joan. Elle était belle, mais une beauté enfantine. Une incroyable vertu. Une pureté taché de péché. Il aimait contempler Joan se débattre de son innocence. Quelle bonne farce. Alors qu'elle s'éloigna de cette tombe en se redressant, elle continua de la pointer du doigt. Que signifiait cette pierre grise, entourée d'herbe grasse?

    « — Gilles de Rais. Je n’sais pas si tu connais. En tous les cas, à mon époque, cet homme était relativement connu, tant pour ses exploits que pour ses crimes. Il était vil, sombre et j’en passe. Ce qui me gêne, véritablement, c’est que si sa tombe est là … Cela signifie qu’il se trouve à Wonderland, non ? Ou alors, n’est-ce qu’un reflet de mon imagination ? M’enfin. Là n’est pas l’important. Mon problème, c’est que ce type, présent ici, ne ferait que ruiner ce que nous sommes, nous autres Hell’Doubt. Bon, oui, il détruirait surtout mon esprit, mais finirait par nous ruiner tous ensemble. »


Sans rien dire, il pencha la tête vers ce qui était inscrit sur le vieux marbre. S'accroupissant pour sentir les lettres sous ses doigts. Pendant quelques secondes, il fut plongé dans une vague réflexion. Les barbelés emprisonnant sa nuque se mit à se resserrer doucement. Et quand il sentit alors sa peau se déchirer sous cette emprise, il s'éloigna. S'asseyant alors sur cette dalle glacée, il savait qu'il requérait de toute l'attention de Joan. La pauvre Joan, terrifiée par... il soupira.

    De quoi as tu peur ? Tu te tortures. Tu as l'occasion de t'éloigner du bûcher et tu y retournes, le laissant te consumer sans rien faire. Je ne vais pas aller dans ton sens et te réconforter, te caresser la tête pour que tu t'endormes sans penser à ce type. Dépendre des autres, c'est être faible. Je suis faible, ne deviens pas aussi traumatisée que je ne le suis. Avance, marche, sans penser à lui. Et si un jour, sur ta route, tu le rencontres. Fais en sorte qu'il ne puisse plus jamais continuer son chemin.


Il était dur, certes. Mais les paroles de la pucelle lui rappelait les longues heures, les longues nuits, les longues années ou il attendait, dans cette cellule, replié sur lui même. A craindre chaque pas dans l'obscurité. A craindre chaque bruit de métal tiraillant le silence. Et c'est quand elle se mit à pleurer... Joan... qu'il regarda la tombe avec mépris, sortit son arme pour transpercer la pierre d'une balle apocalypsienne. D'une prestance cyclopéenne, il attrapa la main de la jeune fille pour la ramener jusqu'à lui. La serrant dans ses bras, ne sentant aucunement son corps contre le sien. C'était juste comme tenir un bout de bois inerte. Aucune sensation, juste un souffle haletant dans le creux de son cou.

    Je le retrouverai alors.


Que pouvait-il lui offrir de plus? Que pouvait-il lui offrir de moins? Ils étaient tous fous ici. Tellement que la folie n'avait même plus de signification. Être fou aux yeux des gens, c'est être différent, penser de manière anormale. Mais maintenant qu'ils le sont tous. Qu'est-ce que la folie? La sagesse? All' se détacha d'elle, gardant ses distances. Elle devait se demander ce qu'il représentait pour elle. Castiel s'est posé cette question pendant des années. Violette l'a su dès qu'elle l'a vu. Il est pour certains le fou, pour d'autres le sage. Peut-être le diable, peut-être un mirage.


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« Tu as déjà entendu les râles de l’agonie ? » — PV All.

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